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Situation de terreur à La Saline : le pouvoir et l’opposition indexés dans le rapport de FJKL

Situation de terreur à La Saline : le pouvoir et l’opposition indexés dans le rapport de FJKL

Le 13 novembre 2018 à La Saline, il n’y a pas eu que des morts dans le carnage orchestré par des groupes armés. Il y a eu aussi des cas de disparition forcée, de pillage, de vol, viol et déplacés internes, signalés dans le rapport préliminaire de la Fondasyon Je Klere, qui souligne avoir dépêché ses enquêteurs qui ont pu se renseigner auprès des résidents de la zone, des commerçants, tout comme des responsables de la Police nationale d’Haïti. Pour la Fondation, ce massacre « résulte de l’incapacité de l’État à garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire national »

« Entre 15 et 25 morts. Au moins 6 femmes ont été violées. Plus de 15 maisons pillées et des milliers de citoyens déplacés, contre leur gré, vers d’autres horizons », révèle la Fondasyon Je Klere dans son rapport préliminaire d’enquête, paraphé depuis le 16 novembre 2018, sur le massacre au quartier populaire dénommé La Saline. À en croire le rapport de la Fondation, le carnage orchestré le 13 novembre à La Saline est le résultat d’un conflit, vieux de plusieurs années, opposant « des groupes rivaux » qui cherchent à exercer leur plein contrôle sur le marché de Croix-des-Bossales, situé au Bicentenaire, non loin du Parlement haïtien.

Il s’agit, en fait, « de groupes armés tolérés, financés, approvisionnés en armes et en munitions par les autorités ou agissant avec leur complicité. Ces groupes sont impliqués dans des cas de grave violation des droits humains : concussion, vol, pillage, viol, torture, disparition, assassinat… », rapporte la FJKL.

De l’exploitation politique : le pouvoir et l’opposition dans la même arène…

Au-delà des causes profondes évoquées dans le rapport (inégalités sociales, le chômage, la précarité, la recherche du pain quotidien, ect), il convient de signaler « l’exploitation politique » de cette situation ayant transformé, poursuit la FJKL, la zone en « théâtre d’affrontements armés ». En effet, le rapport fait était de l’implication de l’État qui, à travers la délégation de l’Ouest, semble « avoir accordé son support à Ti Junior Nèg Chabon et Sonson de la rue Saint-Martin pour imposer la paix armée aux habitants de la zone ». FJKL souligne que le dénommé « Serge Alectis, alias Ti Junior (Nèg Bwadòm), est devenu proche du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK), notamment du délégué départemental de l’Ouest Joseph Pierre Richard Duplan, alias Pierrot (ancien maire intérimaire) tandis que Juliot Pyram, alias Kiki, et Hervé Bonnet Barthélémy, alias Bout Jean Jean, sont proches de l’opposition, particulièrement du député Lavalas Roger Milien, mais traitent toujours avec le pouvoir en place. »

« Nous avons un pouvoir qui renforce les gangs au détriment de la Police nationale d’Haïti qui partait affaiblie par rapport à sa capacité de réponse , dénonce Marie Yolène Gilles, lundi soir, à l’émission Haïti, Sa k ap kwit, qui expliquait la configuration de la « gangstérisation» de ce quartier où « bandits et certains agents de la police » s’accoudent pour semer la terreur. « Ils tirent. Ils massacrent. Ils violent ». Ces groupes de gangs se substituent à la mairie. Ils rançonnent les commerçants sur place, glisse-t-elle, à la même émission.

La directrice de FJKL déplore que le parquet n’ait encore rien dit. Elle regrette que l’action publique ne soit jusqu’ici pas mise en mouvement. Comme on banalisait la vie de ces gens décédés, des femmes violées et des maisons pillées. Pour madame Gilles, les autorités expriment leur manque de volonté. « Ils n’ont pas la volonté politique réelle pour apporter des éclairages par rapport à ce qui se passe là-bas…», poursuit-elle.

Une réalité qui explique la défaillance de l’Etat haïtien

Tout compte fait, pour la Fondation, « le massacre de La Saline résulte de l’incapacité de l’Etat à garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire national ». Cette réalité explique la défaillance d’un Etat qui, selon la Fondation, « n’impose pas son autorité régalienne à l’encontre des groupes qui décident au gré de leurs caprices, pour un oui ou pour un non, de priver arbitrairement de paisibles citoyens-nes de leur vie. Et quand cela arrive, l’Etat est faiblement disposé à diligenter des enquêtes sérieuses pour identifier, arrêter, juger et punir les auteurs de ces graves violations des droits humains ».

FJKL évoque l’irresponsabilité de l’État qui n’arrive même pas à garantir la protection des droits du peuple haïtien, notamment le droit à la vie et la sécurité. En effet, à La Saline, où l’État semble perdre tout contrôle, « les écoles ne fonctionnent pas, les marchands (es) ne peuvent point vaquer à leurs occupations, les églises ont des difficultés à fonctionner, les activités culturelles sont au point mort, la liberté de circulation est également compromise », décrit la Fondasyon Je Klere.

Par ailleurs, peu avant le massacre, le rapport fait mention de la visite d’une délégation composée de la première dame à La Saline, le 13 octobre 2017, accompagnée de la ministre de la Santé, de l’ambassadeur de Taïwan accrédité en Haïti, du représentant de la Direction nationale de l'eau potable et de l'assainissement (DINEPA), « avec le support des groupes armés contrôlés par Bout Jean Jean ». « Elle avait fait des promesses de réhabilitation du centre de santé et de l’école primaire, lesquelles promesses n’ont pas été tenues », contextualise la Fondation dans ses notes, soulignant aussi que l’opposition a tenu « une conférence de presse à La Saline dans l’enceinte même du centre de santé communautaire le 15 octobre 2018 avec l’appui des mêmes groupes qui avaient accueilli la première dame et sa délégation avant le 17 octobre 2018 ». Même une visite, avant le 17 octobre, du Premier ministre Jean-Henry Céant est notée dans le rapport.

FJKL recommande aux autorités de « mener une enquête judiciaire sérieuse en vue d’identifier les responsables de ce massacre, procéder à leur arrestation et les soumettre à la justice répressive pour qu’ils répondent de leurs actes. Elle pense aussi que la justice devra déterminer si l’argent de l’État via la délégation de l’Ouest n’a pas été utilisé pour financer les bandits impliqués dans ce massacre aux fins de perturber les manifestations prévues pour la journée du 18 novembre 2018 visant à réclamer que la lumière soit faite sur l’utilisation du fonds PetroCaribe.

Sur le plateau de l’émission, Marie Yolène Gilles croit qu’il faut procéder au renforcement des services de renseignement du pays. Il faut également organiser les structures de contrôle du territoire (les ports, les douanes), renforcer et contrôler les frontières, consolider la capacité des institutions de l’État, rendre opérationnelle la Police nationale d’Haïti (PNH) en lui dotant de moyens, réviser les législations relatives à la circulation d’armes à feu sur le territoire, élimer la pratique de l’autodéfense en démantelant les gangs armés, réaliser des projets socioéconomiques à impact rapide, réduire les inégalités sociales, renforcer l’indépendance et la capacité du pouvoir judiciaire, opérationnaliser le service d’inspection judiciaire, contrôler les compagnies de sécurité privées dans le pays, désarmer les gangs.

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